Justice: Le Barreau reçoit le nouveau ministre de la Justice

Pour sa première tournée, le Ministre de la Justice garde des sceau Ibrahima Sory II Tounkara , a rencontré l’Ordre des avocats. La rencontre s’est tenue dans le bâtiment qui abrite le procès du 28 Septembre.

Maître Mamadou Souaré Diop, s’est exprimé au nom du Barreau de Guinée, rappelant les principales recommandations formulées à l’endroit du ministre :

 

 

« Alors les recommandations, c’est de veiller au bon fonctionnement du service public de la justice. C’est la seule recommandation que nous avons. C’est sa maison, il connaît tout ce qui se passe, il connaît les problèmes. Il est en mesure de prendre le problème au bras, au corps. Et je pense qu’il est dans cette disposition et nous fondons l’espoir que ça va aller. Alors, les problèmes confrontés, ce sont les problèmes quotidiens du fonctionnement des juridictions. Et il y a aussi la question des droits de l’Homme, en plus qu’il soit ministre de la Justice et ministre des Droits de l’Homme. »

Dans le même ordre d’idées, Maître Mamadou Souaré Diop a interpellé le Garde des Sceaux sur les cas de disparitions forcées et d’arrestations arbitraires qui alimentent l’inquiétude au sein de l’opinion publique, et qui demeurent à ce jour non élucidés.

« Nous avons marqué notre préoccupation par rapport à certaines pratiques dans la cité, notamment les cas de disparition ou des arrestations arbitraires, parce que c’est notre devoir, c’est notre rôle. Et nous avons marqué nos préoccupations par rapport à ces questions-là. Nous avons encore une fois l’espoir que M. le Garde des Sceaux jouera sa partition pour que le droit soit respecté dans notre pays, que notre pays soit un État de droit, un pays de droit. Parce qu’un pays où le droit n’est pas respecté, il n’y aura pas de développement », dit-il.

Le bâtonnier est également revenu sur plusieurs difficultés structurelles affectant le fonctionnement des juridictions et les conditions d’exercice de la profession d’avocat : « Oui, ce sont des problèmes quotidiens. Certains dossiers disparaissent dans les greffes de juridiction. Nous avons relevé et dénoncé ces cas-là. Il en a pris note. Et il y a aussi que certaines décisions sont rendues sans être rédigées. Et là aussi, nous l’avons relevé et nous avons dénoncé, et il a promis d’y remédier. Écoutez, nous avons aussi rappelé à M. le Garde des Sceaux que notre Barreau a été créé en juillet 1986, bientôt 40 ans. Et depuis, nous sommes le seul Barreau au monde qui n’a ni maison d’avocat, ni subvention de la part de l’État. Et il se trouve que ce sont des obligations qui incombent à l’État dès lors que le Barreau est un acteur essentiel dans le fonctionnement du service public de la justice, et que nous avons rappelé ces responsabilités-là à l’État qu’il représentait. »

Ces échanges, ont porté sur les dysfonctionnements du service public de la justice ainsi que sur les défis structurels auxquels est confrontée l’institution judiciaire guinéenne, notamment le cas des disparitions, les disparitions de certains dossiers, l’absence de local pour le Barreau et de subvention.

Moussa Diallo

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